jumelle-malgre-moi

jumelle-malgre-moi

Avais-je un jumeau ? Est-ce héréditaire ?

1 appréciations
Hors-ligne
Bonjour à toutes et à tous,
Je viens de découvrir ce blog et c'est une véritable satisfaction, car il est difficile de trouver des sites ou des articles concernant ce sujet. Peut-être est-il à l'étude.
Je m'appelle Honorine, j'ai 32 ans. Il est fort probable que je sois moi aussi jumelle survivante. Ma mère m'a toujours raconté qu'à 2 mois de grossesse, elle a eu des saignements. Le médecin l'a envoyée tout de suite aux urgences pour faire un curetage, pour tout nettoyer, car il s'agissait d'une fausse-couche. A cette époque-là, nous somme début 1982, et les échographies venaient tout juste d'arriver (je suis née dans une petite ville de 9000 habitants). Heureusement, mes parents ont eu le réflexe de demander une échographie. A leur grand soulagement, un coeur - mon coeur - battait ! Il y avait donc bien un bébé. En revanche, l'échographiste aurait montré un "décollement du placenta", mais n'a jamais parlé de jumeau qui se serait détaché. C'est de bouche-à-oreille que ma mère a entendu dire qu'elle avait certainement perdu un foetus... Elle avait même entendu dire que c'étaient souvent les garçons qui se détachaient (ce qui est maintenant faux). Cette histoire m'a toujours intriguée. Avais-je donc un frère jumeau jusqu'à 8-10 semaines ? Qu'est-il arrivé pour que je sois la seule survivante ? Présentait-il une anomalie ? L'ai-je chassé ? Ou... question qui me hante : se serait-il sacrifié pour me laisser vivre ?
Cette question, je me la pose ces temps-ci. Mais toute ma vie, ce n'est pas ainsi que je l'ai exprimé. Je suis une personne extravertie, vive d'esprit, même un peu trop, très spontanée, j'ai un débit de paroles qui impressionne tout interlocuteur, je suis dynamique au travail, bref, je bouge pour deux. Je brasse de l'air pour deux. Mon imagination est plutôt débordante. J'ai même écrit des romans, pour soulager cet imagination. Petite, je me parlais toute seule. Plutôt, je parlais à des gens imaginaires. Toute seule, dans ma chambre, ou couchée dans mon lit. J'inventais beaucoup d'histoires qui ne sont jamais sorties de mon intimité. Je me posais la question de savoir qui je serais si j'étais née un an avant, un an après. Si c'était un autre, une autre qui serait né(e), est-ce que ce serait différent ? Aurais-je la même conscience ? A qui je ressemblerais ? Peut-être que tout cela est simplement dans ma tête.
Mais en lisant tous les témoignages sur ce blog, et vu ce que je ressens, je me dis qu'il est fort probable qu'il y ai eu un jumeau. Du coup, je me suis dit que ç'aurait été un garçon. Et plus j'y pense, plus j'en ai la certitude. J'ai toujours préféré la présence des hommes. J'ai toujours eu du mal à m'intégrer dans des groupes de filles. Des amies, j'en ai peu (mais c'est du solide). Mon caractère est plutôt sociable, j'aime faire plaisir aux gens, j'aime recevoir des amis, mais j'aime aussi la solitude. C'est le point le plus étonnant, par rapport à ce que serait ce syndrome. Je souffre du célibat (heureusement, j'ai trouvé l'amour de ma vie, je l'espère), je l'ai enduré des années, ce fut un vrai calvaire. Mais j'apprécie parfois certains moments de solitude. J'aime m'évader seule un après-midi. Comme si j'avais besoin de partager ce moment avec moi-même. Pourtant, j'imagine toujours être avec quelqu'un, dans cette solitude ! J'ai entrepris un voyage seule, en Thaïlande. Je me suis retrouvée. Moi qui brasse de l'air et de l'énergie, j'ai aimé être seule, loin. Et là-bas, j'ai dessiné. J'ai emmené mes crayons et j'ai dessiné une petite histoire. C'est incroyable. En écrivant ces lignes, je réalise que j'avais dessiné l'histoire d'un couple qui avait perdu un bébé et qui tente de se reconstruire...
J'ai lu aussi que certaines personnes qui ont perdu un jumeau se regardent. Moi aussi, je me regarde tout le temps dans le miroir. Pas parce que je me trouve belle, loin de là. Parce que j'essaye de trouver à qui je ressemble. Depuis petite, dès que j'ai à ma portée un double miroir, je me regarde de profil. Mon profil droit est assez différent du gauche. L'un est plus doux, l'autre plus "anguleux". Si l'autre avait survécu, est-ce qu'on se serait ressemblé ? Aurait-il eu l'un des deux profils ? C'est étonnant comme ces questions, ces songes, ces pensées sont entièrement intégrés en moi.
Un autre trait qui serait typique, c'est mon manque cruel de confiance, jusqu'à me haïr. Au point de me dire que quelqu'un d'autre AURAIT DU naître à ma place. Pourquoi moi ? Et cela, depuis mes 8-10 ans ! Je n'ai fait que me mettre en tête que je ne serais pas capable de ci, pas capable de ça. Un autre aurait été meilleur que moi. Il aurait été meilleur que moi. C'est très profondément ancré en moi. Est-ce vrai que les Constellations familiales aident à se débarrasser de ce terrible sentiment ?
Pour terminer le partage de cette (très longue) expérience (je vous l'avais dit, que je suis bavarde!), je me demande si cette perte de jumeau est héréditaire. Elle toucherait donc une femme sur 8. Ma tante, la soeur de ma mère, a aussi perdu un foetus, mais ma cousine a survécu. Quant à mon grand frère, qui n'arrive pas à se poser, qui est sans cesse en voyage, qui déménage tout le temps, qui fait des otites avec eczéma (parait-il que ça symbolise la séparation), qui ne sait pas tenir ni entretenir une relation, qui est né très gros et à mangé pour deux pendant des mois et des mois suivants sa naissance... Aurait-il eu aussi un jumeau perdu ? Cela peut-il se reproduire sur plusieurs grossesses ? Peut-être y a-t-il des chances que je vive cela aussi...
Merci pour m'avoir lue Merci pour ce blog.
Honorine

1 appréciations
Hors-ligne

3 appréciations
Hors-ligne

1 appréciations
Hors-ligne
Merci Sandra pour ton témoignage,

Cette espèce de solitude "forcée", dans laquelle on se complait mais aussi qui nous fait mal, c'est vraiment étonnant. C'est une pure contradiction dans notre vie. Quand je suis seule, je suis bien, je me débrouille, je m'occupe, je me parle, je me réponds, mais il manque fatalement quelqu'un pour partager ce moment. Et donc, je finis par m'ennuyer, et par en souffrir.
Les sautes d'humeur, je les ai véritablement eu à partir de 25 ans environ. Avant, j'étais beaucoup plus stable, puis à partir de là, plus le temps passe, plus je deviens nerveuse, aigrie, têtue aussi. C'est peut-être l'âge "qui fait que", les périodes de célibat (qui rime avec abandon et absence d'amour et surtout pas "liberté" comme le disent les amis), le stress de la vie, mais quand on passe d'une bonne à une mauvaise humeur, je me dis que de toute façon, quoi que je dise, quoi que je fasse, personne ne peut me comprendre, et on en revient, comme tu le penses aussi, au fait qu'on se sente différentes des autres, pas sur les mêmes longueurs d'onde, etc, et même parfois étrangères à nous-même. Bref, nous avons perdu notre jumeau, et notre inconscient ne manque pas de nous le rappeler !!

Dernière modification le lundi 22 Juin 2015 à 14:22:17

0 appréciations
Hors-ligne
je suis totalement en accord avec ce résumé de la situation Honorine. Jusque là les sautes d'humeurs ne m'étais pas venus a l'esprit mais en y repensant quand tout va bien j'ai toujours le coté négatif qui s'empresse de venir me pourrir le moral. Et la solitude! si chéri et a la foit si pesante. JE n'aime être entourée de trop de gens je préfére rester chez moi seule ou mieux partir en balade avec mon cheval. mais toujours ce manque au fond, cette envie de partager avec quelqu'un qui malheuresement n'entre jamais dans nos vie jusqu'à ce qu'on comprenne, qu'il a déjà quitter cette vie il y a bien longtemps.

Répondre
Pseudo :
Adresse e-mail:


Se souvenir de mes infos ( pseudo et e-mail ) :
Cochez la case ci-contre :

Ces blogs de Famille & enfants pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 70 autres membres